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Procès du RN et de Marine Le Pen: la date de la décision sera connue mercredi
information fournie par AFP 11/02/2026 à 13:27

Marine Le Pen (c), présidente du groupe parlementaire Rassemblement National, quitte le Palais de Justice lors d'une suspension d'audience, le 11 février 2026 à Paris ( AFP / Thomas SAMSON )

Marine Le Pen (c), présidente du groupe parlementaire Rassemblement National, quitte le Palais de Justice lors d'une suspension d'audience, le 11 février 2026 à Paris ( AFP / Thomas SAMSON )

Marine Le Pen connaîtra mercredi en fin de journée la date de la décision de la cour d'appel de Paris, a priori "à l'été", après les dernières plaidoiries de ses avocats qui tenteront d'arracher une relaxe ou, à défaut, une sanction mesurée contre celle qui joue une quatrième candidature à l'Elysée.

La dernière journée d'audience s'est ouverte peu après 10H00, avec la plaidoirie de l'avocat du parti.

"Il y a eu des manquements administratifs, des imprudences, des précipitations. Il y a eu des déclarations qui n'ont peut-être pas été faites, mais on est ici sur des erreurs d'appréciation", a considéré Me David Dassa-Le Deist, contestant "l'image du village Potemkine avec des élus en carton-pâte", décrite, selon lui, par l'accusation.

Les conseils de Marine Le Pen doivent prendre la parole à partir de 13H30.

Après quatre semaines de débats, les trois magistrats seront confrontés à une question politique: Marine Le Pen doit-elle pouvoir se présenter à l'élection présidentielle de 2027 ?

Non, ont répondu la semaine dernière les deux avocats généraux, en requérant quatre ans d'emprisonnement dont trois avec sursis et possibilité d'aménager la partie ferme sous bracelet électronique, 100.000 euros d'amende et, surtout, cinq ans d'inéligibilité.

Marine Le Pen a d'ores et déjà indiqué qu'elle se déciderait quant à une quatrième candidature dès l'annonce de la décision d'appel, sans attendre un éventuel arrêt de la Cour de cassation.

L'équation est simple: il lui faut n'être condamnée qu'à deux ans d'inéligibilité maximum et à une peine d'emprisonnement avec sursis.

Elle n'en est pas moins ardue: les réquisitions sont peu ou prou conformes au jugement de première instance... lequel était lui aussi quasi calqué sur les premières conclusions du parquet.

- "A la suite de son père" -

Les deux avocats de Marine Le Pen, Mes Rodolphe Bosselut et Sandra Chirac-Kollarik, ont prévu environ deux heures et demie chacun pour contester cette accusation qui a décrit leur cliente comme "l'instigatrice, à la suite de son père, d'un système qui a permis pour le compte du parti de détourner 1,4 million d'euros".

Marine Le Pen (g) et son avocate Sandra Chirac-Kollarik, au tribunal de Paris, le 4 février 2026 ( AFP / Alain JOCARD )

Marine Le Pen (g) et son avocate Sandra Chirac-Kollarik, au tribunal de Paris, le 4 février 2026 ( AFP / Alain JOCARD )

Il lui est reproché, ainsi qu'au RN (alors Front national) et dix autres cadres, d'avoir fait embaucher des assistants parlementaires pour les eurodéputés du parti, rémunérés par des fonds européens, mais dont l'activité aurait bénéficié uniquement au mouvement à la flamme.

A l'ouverture des débats, elle avait semblé esquisser un début de mea culpa: "Si un délit a été commis, je veux bien l'entendre". Mais sans "intention", avait-elle ajouté, un point que ses avocats entendent plaider mercredi.

Les conseils devraient également contester l'infraction de "détournement de fonds publics" qui viserait, selon eux, les seuls "agents publics nationaux", alors qu'ils soutiennent que les eurodéputés sont des agents publics "internationaux".

Il va surtout s'agir de contester l'idée d'un "système", pierre angulaire de l'accusation et qui avait justifié, en première instance, la lourdeur des condamnations.

- "Miracles" -

Les trois axes ont déjà été largement développés depuis la semaine dernière par les avocats des autres mis en cause, donnant aux différentes plaidoiries des airs de répétition générale. Ils avaient d'ailleurs déjà été exposés en première instance, sans succès.

Ce qui n'a pas empêché Marine Le Pen de maintenir sa confiance envers Rodolphe Bosselut, rencontré il y a plus de trente ans lors de permanences de garde à vue, alors que tous deux étaient fraîchement diplômés de l'école d'avocat.

A défaut d'un véritable changement de stratégie, ce deuxième procès s'est en tout cas déroulé dans une ambiance nettement plus apaisée, avec une présidente dont chacun a salué "l'écoute", de quoi nourrir l'espoir, aussi mince soit-il, qu'une issue favorable est toujours possible.

"Je suis croyante... alors je crois aux miracles", avait plaisanté la semaine dernière Marine Le Pen.

Son visage a depuis laissé transparaître des sentiments plus graves, tant cette salle d'audience, où s'est concentrée une histoire de l'extrême droite française (Bruno Gollnisch, Wallerand de Saint-Just et, bien sûr, l'évocation régulière de Jean-Marie Le Pen) pourrait devenir le tombeau des ambitions d'une vie.

Un député ami résume: "En cas de condamnation, elle a compris qu'il faudra bien s'y résoudre, même la mort dans l'âme". Un cadre du parti, pragmatique, complète: "Dans tous les cas on fait campagne, on prépare le RN à accéder au pouvoir". Quitte à ce que ce soit avec Jordan Bardella.

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